|
A U J O U R D ' H U I SAMEDI
29 DECEMBRE
A la une...
MANGA Lain,
la fillette qui fascine les informaticiens
PRESSE Le
Matin s'offre Peter Rothenbühler
CINEMA «Le
peuple migrateur»: ça vole bas
DAVOS
TERMINUS 20. Où l'on découvre que Frénésie connaît l'ancienne
maîtresse de Max
PLANETE Ils
ne vont pas nous laisser en paix en 2002
Dans les débats...
| >> |
Vos bonnes résolutions pour 2002
|
|
|
| >> |
Le seigneur des anneaux:
adaptation réussie? |
|
|
| >> |
Prêt pour le passage à
l'euro? |
| |
| >> |
En vrac |
Les
rubriques...
| >> |
Consulter la page d'un agent |
| >> |
Devenir un agent |
| >> |
Modifier ses données personnelles
|
| >> |
Envoyer un télex |
| >> |
Lire ses télex |
| >> |
Proposer un débat |
| >> |
Le club |
| >> |
Le sous-sol |
|
| |
TECHNOPHILE
|
 D I M A N
C H E 1 1 N O V E M B R E 2 0 0
1


|
| IMPRIMER |
ENVOYER |
|
C H A T T E R B O T «J'ai passé la nuit avec un robot parleur»
Peut-on avoir de l'affection pour une
machine ? La question posée par Spielberg dans «A.I.» se retrouve
dans les «chatterbots», ces forums en ligne où l'on discute avec
des logiciels.
PAR GABRIEL
SIGRIST
Les mots s'affichent à l'écran.
«Bonjour, je suis Alice. J'aime me faire de nouveaux amis.» Le
ton est toujours poli, patient et attentionné. Et la
discussion commence, comme dans un forum en ligne habituel, où
l'on parle de soi, de ses origines, de la météo, de cinéma, de
sport ou d'amour. Sauf que cette fois-ci, au lieu d'un
internaute, c'est un logiciel qui répond.
En se
prenant au jeu du dialogue, on peut y passer des heures. Et la
question que pose Spielberg dans son film «AI» prend tout son
sens: peut-on avoir de l'affection pour une machine?
Les robots dialogueurs sont nés avec le fameux
programme Eliza du professeur Joseph Weizenbaum en 1966. Eliza
simulait un rendez-vous de psychiatre en posant
essentiellement des questions liées à la thérapie (famille,
relations, solitude, etc.). «Parlez-moi encore de votre mère»,
disait-il lorsque l'interlocuteur évoquait sa famille. Le
logiciel avait passé le test d'intelligence de Turing, depuis
lors contesté par la communauté scientifique.
«Eliza
fonctionne comme un miroir de la personne avec laquelle le
dialogue est engagé, a récemment expliqué Weizenbaum au
magazine Wired. C'est ce qui rend le logiciel si humain!»
Au niveau informatique, les nouveaux robots parleurs
(baptisés «chatterbots» en anglais) n'ont pas énormément
évolué: ils fonctionnent toujours en repérant les mots-clés
dans les phrases de leurs interlocuteurs et en recrachant une
des réponses-types associées. S'il ne sait pas quoi dire, le
robot répond systématiquement par une question, à la manière
du «Is it a game?» («Est-ce un jeu?») lancé par le petit David
du film de Spielberg. Mais les logiciels récents possèdent des
bases de connaissances considérables, qui leur permettent de
tenir des conversations relativement cohérentes. Mieux,
certains apprennent des répliques qu'ils peuvent réutiliser
lors de futurs dialogues.
Les scientifiques
n'accordent cependant que peu de crédit à ce genre
d'expériences: «Techniquement, ces logiciels n'ont pas
beaucoup évolué, explique Boi Faltings, directeur du
laboratoire d'Intelligence artificielle de l'Ecole
polytechnique de Lausanne. Aujourd'hui, nous utilisons
l'intelligence artificielle pour résoudre des problèmes
concrets, par exemple l'optimisation des processus dans les
entreprises. A part l'usage psychiatrique, je ne vois pas
beaucoup de débouchés pour de tels robots parleurs.»
Les applications commerciales restent rares, mais des
opérateurs internet – dont Lycos – réfléchissent à installer
des robots pour animer des forums de discussion, au milieu des
humains.
Emily Turrettini, éditrice du magazine en
ligne Netsurf, se passionne depuis longtemps pour
les robots parleurs: «J'en ai testé des dizaines de variantes
et j'ai ainsi dialogué avec des logiciels qui simulaient
Elvis, John Lennon ou même Jésus, sourit-elle. Je m'amuse à
tester leur base de connaissances. Je leur demande s'ils
aiment le chocolat ou s'ils savent danser. On obtient parfois
des perles. C'est une façon amusante de perdre du temps!»
------- Netsurf propose un recueil de
discussions et de robots.
Le robot Alice, et la
version installée sur le site du film
AI.
Jésus robotisé
Quelques sites
consacrés aux robots parleurs: BotSpot
AgentLand
------- Cet article de
Largeur.com a été publié le 11 novembre 2001 dans
l'hebdomadaire Dimanche.ch.
Retrouvez
Largeur.com chaque semaine dans la page Néoculture de
 | |
|
| IMPRIMER |
ENVOYER |
|
|
Au sommaire de la rubrique TECHNOPHILE
| |